Centrafrique : les défis qui attendent Catherine Samba-Panza

Catherine SAMBA-PANZA, Présidente de la transition en Centrafrique (crédit-photo: google.com)

Catherine Samba-Panza, présidente de la transition en Centrafrique (crédit-photo: google.com)

Élue présidente de la transition en Centrafrique, 20 janvier 2014 à l’issue du vote des membres du Conseil national de transition, Catherine Samba-Panza a devant elle d’immenses défis à relever pour sortir son pays de l’ornière. L’avènement de cette « dame de fer » tant salué par tous est un événement historique pour l’ Afrique centrale en général et la RCA en particulier. Car c’est la première fois qu’une femme dirige l’un des pays membres de la Cémac (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale).

Restauration de la sécurité sur tout le territoire

Il faudrait restaurer la sécurité à travers le désarmement des ex-rebelles Seleka et des anti-balaka sans oublier les rebelles ougandais de la LRA du sanguinaire Joseph Koni qui continuent de semer la terreur dans le sud-est du pays;  Catherine Samba-Panza devrait avoir l’audace de renvoyer tous les mercenaires tchadiens et soudanais dans leur pays respectif; reconstruire l’armée nationale (Faca, Forces armées centrafricaines) et les forces de l’ordre (la gendarmerie et la police) afin d’aider les forces de la Misca et les soldats français qui seront bientôt épaulés par l’opération militaire de l’Union européenne constituée de 500 soldats.

La catastrophe sécuritaire a un impact sur la vie courante de chaque Centrafricain et des pays aux alentours : le rétablissement de la sécurité est donc l’un des objectifs prioritaires.

Défi humanitaire

 « Il semble qu’il y ait eu une augmentation des incidents ces dernières semaines à Bangui, relève Isabelle Le Gall, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) en Centrafrique. Cependant, la situation sécuritaire n’a jamais été réglée. Même s’il y a eu un semblant d’accalmie, les exactions ont continué à Bangui et dans l’intérieur du pays « .  

La moitié des habitants de Bangui ont dû abandonner leur foyer sous la menace des violences qui ont embrasé le pays. Réfugiés dans des camps de fortune aux abords de l’aéroport, des écoles, des églises, des mosquées, 512 000 habitants de la capitale soit plus de la moitié de la population de la capitale se retrouvent dans le plus grand dénuement et des conditions d’hygiènes exécrables. Il y a au total un million de déplacés en Centrafrique selon HCR (Haut Commissariat des réfugiés). Ils trouvent ces endroits plus sécurisés que leur propre maison. Avec ces conditions désastreuses de vie , il y a un vrai risque d’épidémie de maladies comme le choléra, la rougeole…

La situation s’est dégradée en décembre 2013 faisant plusieurs morts, des déplacés qui ne connaissent pas leur avenir, car ils vivent dans la peur, l’insécurité, la violence.

Enjeux économiques

Redonner un nouveau souffle à l’économie à travers la relance de l’administration, du commerce, de l’agriculture, grâce aux différentes aides émanant des partenaires de la RCA. La communauté internationale s’est engagée à débloquer 500 millions de dollars pour venir en aide à la Centrafrique en 2014. Gouvernance et stabilisation du système économique : recherche de canevas pour amorcer la croissance

La République centrafricaine a des ressources naturelles et bénéficie d’écosystèmes diversifiés. Très mal gérée au fil du temps, l’économie s’est dégradée de façon drastique : le bien-être de la population est devenu de plus en plus critique et a atteint le phénomène de ce qu’on peut appeler « misère aiguë ».

Le grand défi politique

Le défi politique est celui d’organiser des élections présidentielle et législative libres et transparentes au plus tard février 2015 afin de garantir la stabilité du pays dans le respect de la démocratie.

Ce processus doit passer par la réconciliation : ramener la cohésion sociale qui existait déjà entre les communautés chrétienne et musulmane. Organiser des conditions favorables pour le retour des déplacés internes et externes du pays. La réconciliation ne peut pas se faire sans justice pour ne pas répéter les mêmes erreurs du passé. Pour cela, tous les auteurs tant directs qu’indirects des atrocités commises sur les populations doivent tous être traduits devant la justice.

Il ne suffit pas seulement de saluer le courage et l’élection de cette dame. Tous les Centrafricains sans distinction doivent laisser la haine et l’esprit de vengeance de côté et travailler d’arrache-pied avec elle afin de faire face aux immenses chantiers qui traînent…

Elle n’a pas droit à l’erreur, car tout le monde l’attend au pied du mur.

 

 

 

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