Centrafrique : recommandations sur la grappe de croissance agricole

Les centrafricains ne cessent de se vanter de la richesse du pays en termes de ressources naturelles notamment du sous-sol au détriment des autres secteurs. En générale, le sous-sol, pourtant non exploité à grande échelle, ne profite  qu’à une poignée de citoyens et aux étrangers en plus de nombreuses crises inutiles qui en découlent.  Alors pourquoi ne pas changer de cape ?
A mon humble avis, le régime qui se pointe à l’horizon devrait faire de l’agriculture l’un des points focaux susceptibles de booster l’économie de la RCA. Evidemment, on ne peut pas parler de l’agriculture sans penser à l’élevage et tout ce qui va avec. La priorité numéro 1 est , comme souhaite tout le monde, le rétablissement de la sécurité garante de la paix et la cohésion sociale. On en a assez parlé.
Lors du forum sur la promotion du secteur privé qui s’est tenu à Bangui dans la salle de conférence de l’Hôtel LEDGER PLAZA, du 9 au 13 Septembre 2015, un accens particulier a été mis sur l’agriculture. Je me suis amusé à récapituler quelques points cruciaux des recommandations dudit forum.

En Voici la toute première portant sur la « Grappe de croissance Agriculture ».

A Court Terme :
–    Accélérer la procédure d’adoption et de mise en place du code foncier agro-pastoral ;
Réaliser une étude de faisabilité sur la mise en location d’une partie des, terres agricoles ;
–    Rechercher des sources de financement  interne et  externe (table ronde des bailleurs de fonds), pour le développement de l’Agriculture ;
–    Promouvoir les produits agro-pastoraux de la RCA à l’extérieur ;
–    Encourager  et  protéger  la  production  et  les  marchés  locaux  dans  le respect des engagements internationaux ;
–    Restructurer les chambres consulaires (Agriculture et Commerce) ;
–    Réviser la convention relative à l’importation du gap du sucre.

A Moyen Terme
–    Créer une Banque de Développement Agricole ;
–    Promouvoir  les  fermes  agropastorales  et  agro  industrielles  sur  toute l’étendue du territoire ;
–    Réhabiliter les Centres de Recherches Agricoles.
–    Créer un Office National de sécurité alimentaire.

A Long Terme
–    Réhabiliter et réformer les structures de formation agricole ;
–    Promouvoir la mécanisation de l’Agriculture ;
–    Soutenir la création des fermes pédagogiques ;

Intervention et rôle de l’Etat dans l’agriculture en vue de la sécurité alimentaire

L’État est le « garant de la sécurité [1] » et donc du bien-être des citoyens. De ce fait, il va de soi qu’une gouvernance inappropriée aura un impact négatif sur le développement et la santé publique. Croissance démographique pauvreté, changements climatiques, pénurie d’eau, amoindrissement des ressources, sont autant d’éléments qui justifient l’intervention d’un organisme pour la sécurité
alimentaire. Pour cet organisme qu’est l’État, le point de mire est l’agriculture et comme l’a souligné Jacques Sternberg, la « faim justifie les moyens  ».

Dans son objectif de pouvoir satisfaire le plus grand monde, aussi bien quantitativement, qualitativement que culturellement, l’État devrait se doter de plusieurs armes. Les politiques agricoles couvrent de multiples aspects de l’agriculture : l’innocuité des aliments, la santé des animaux et des plantes, la protection des sols et de l’environnement, l’amélioration et la stabilisation des revenus, le financement, la formation et la main-d’œuvre, la recherche et le développement, la vulgarisation et le transfert technologique, le soutien aux organisations agricoles…

Quantitativement, il devrait opter pour l’industrialisation et l’intensification de l’agriculture, la libéralisation du commerce et des frontières et agit qualitativement via des législations ; vis-à-vis des deux, l’État devrait adopter des politiques et octroyer des subventions.

Songez-y cher futur Président!

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