Diamants centrafricains, malédiction ou mauvaise gestion ?

La RCA est mise sous sanction à travers son retrait du processus de Kimberlin. Mais cela n’est pas la solution, car la vente des métaux précieux sert de gagne-pain à plusieurs catégories de personnes tant à Bangui qu’en provinces principalement dans les régions contrôlées par les groupes armés.

La vente illégale de diamant et de l’or permet aux différents groupes armés d’être autonomes sur tous les plans (financiers, matériels…). La preuve; malgré la sanction infligée au pays, il y a eu au moins 140 000 carats de diamant vendus de façon tout à fait illégale. Ce qui équivaut à environ 24 milliards de francs CFA, une somme colossale susceptible de résoudre certains maux qui gangrènent le pays (manque d’eau potable, d’électricité, manque d’infrastructure routière sanitaire… la liste est kilométrique).

L’exploitation illégale de diamant se fait avec la bénédiction des chefs de guerre en complicité avec certaines personnalités, présentées comme des politiques et quelques hommes d’affaires qui contrôlent les régions du pays. L’argent des diamants centrafricains fait circuler de milliers d’armes dans le monde (7 000) et surtout, fait vivre les bandits armés au quotidien, ce qui est encore plus fastidieux pour le vrai citoyen lambda qui n’a que ses yeux pour regarder les dégâts et ses pieds pour fuir au moment « opportun ».

La sanction d’un pays n’est pas une fin en soi. Il est bien beau d’interdire l’exportation de diamants, ce serait mieux de faire respecter les mesures à la lettre pour éviter les drames que connaît le pays.

Les raisons de cette malédiction ?

Deux facteurs qui sont d’actualité peuvent expliquer cela : la crise qui continue de sévir et la suspension du processus de Kimberlin.

Il est possible de transformer la malédiction en bénédiction, car il suffit juste de voir le problème à sa racine. Si on s’attaque à la racine, il n’aura pas de sève pouvant alimenter les feuilles et le fruit. La racine du problème réside dans la gestion : gestion clanique, abus d’autorité dans l’exploitation, allocation de quotas bénéfiques aux dignitaires de chaque régime qui passent…Même les causes exogènes existent. Notamment l’ingérence des Occidentaux car le sous-sol centrafricain suscite de nombreuses convoitises et est au profit de certains pays. Bref!

De Bokassa à Bozizé en passant par Kolingba et Dacko (les anciens dirigeants centrafricains), tous ont eu de problèmes dont les principales raisons proviennent des ressources minières de la RCA notamment le diamant.

 

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