Ce qu’il faut savoir sur le secteur éducatif en Centrafrique

Le système éducatif se caractérise entre autres par l’insuffisance d’enseignants qualifiés. Avant la crise, le ratio élèves-enseignant était 1 :89. 40% des enseignants sont des maîtres parents sans formation ni qualification (il suffit parfois de savoir lire et écrire pour pouvoir enseigner dans les villages). Il y a même des écoles en pailles à l’intérieur du pays ou les fusions des classes sont devenues « coutumières ».

Une image qui parle (source: google images): l’école de brousse

De plus, les bâtiments et infrastructures scolaires sont en nombre insuffisant, le ratio d’élèves par salle de classe est de 87, le ratio élève-pupitre est de 1 :32 et la plupart du temps il n’y a qu’un seul manuel pour dix élèves, ce qui entrave les résultats d’apprentissage. Dans les collèges publics et les lycées, les salles de classe sont surchargées. Ainsi, le ratio est de 145 élèves par salle de classe.

Le coup d’état de 2013 et les violences qui s’en étaient suivies, ont aggravé ce phénomène Ainsi,   de   nombreuses   écoles   nécessitent   d’importants   travaux   de réhabilitation ou de reconstruction. Enfin, l’enquête PASEC Light de 2007 avait déjà relevé un grave déficit de qualité. Cela se traduit par des taux de redoublement élevés, soit en moyenne près de 23% dans le premier cycle de l’enseignement fondamental et plus de 17% dans le second cycle du fondamental et au secondaire. Le secteur éducatif en RCA présente les taux de redoublement parmi les plus élevés du monde.

Les crises à répétition et les interruptions de scolarité ont certainement accentué les retards d’âge et le redoublement de classe.

Le secteur de l’éducation en RCA reste largement sous-financé. Les dépenses publiques dans le secteur de l’éducation sont faibles et continuent de se réduire. Seulement 1,45% du PIB contribue aux dépenses courantes du secteur, l’un des taux les plus bas en Afrique.

Pourquoi la RCA se classe-t-elle parmi les mauvais élèves en matière d’éducation?

Les raisons sont multiples. Dans le nord du pays, pour ne citer que cet exemple, des décennies de violences politiques ont causé beaucoup de destruction et de nombreux déplacements. Le secteur de l’éducation est sévèrement touché par une gravissime pénurie d’enseignants et d’infrastructures adéquates. Pour des milliers d’enfants, la classe se déroule dans de bâtiments délabrés dont la plupart ne sont pas en briques. Une pléthore de villes de la RCA regorge des écoles de brousse rudimentaires. Les personnes déplacées internes et les groupes armés occupent certaines écoles, d’autres ont été détruites par le feu ou pillées.

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(Photo: infacollarative.com):dans certaines zones reculées de la RCA, les enfants étudient à même le sol…

Pendant la crise, beaucoup d’écoles avaient fermé en raison de l’insécurité. Les violences ont entraîné des dommages aux bâtiments et aux équipements. Les parents se trouvent dans l’incapacité de payer les salaires des enseignants communautaires (maîtres- parents) et le Ministère de l’éducation n’est plus en mesure d’organiser et de gérer pleinement le système.

Comment faire pour palier ce fléau ?

  • Restructurer le système éducatif en y instaurant des disciplines visant à développer le curriculum formel qui se rapporte à l’éducation pour une citoyenneté démocratique. Cela peut se faire par l’introduction des disciplines distinctes, de sujets interdisciplinaires ou des programmes intégrés.

Il est important d’inculquer aux jeunes centrafricains les capacités essentielles pour exercer la citoyenneté démocratique spécialement sur les droits et les responsabilités, les aptitudes sociales de communication, de participation à la vie politique.

  • Motiver les enseignants à respecter le calendrier académique établi par le gouvernement tout en évoluant vers la gratuité de l’enseignement primaire…
  • Reprendre une politique de recrutement, de formation et de déploiement de maîtres d’enseignement ;
  • Améliorer la scolarisation des filles : Les difficultés liées à la scolarisation des filles sont à la fois de nature culturelle et économique Il faudra donc des actions de grande envergure au niveau national pour booster la situation. Au regard de la dynamique actuelle caractérisée par la volonté de la communauté internationale d’assister davantage la RCA notamment dans le secteur de l’éducation, il serait nécessaire de lever ces obstacles aggravés par la crise. L’Etat étudie la possibilité d’adopter la mesure de suppression des frais d’inscription pour tous les enfants au Fondamental 1, ce qui contribuerait à accélérer la scolarisation massive des enfants, et celle des filles en particulier ;
  • L’état peut profiter de ces aides multiformes émanant de la communauté internationales pour construire des bâtiments modernes (qui respectent les normes internationales).

Il est faudrait également songer aux bénéfices collectifs que la société doit retirer des investissements réalisées dans le secteur de l’éducation.

Chaque année arrivent sur le marché d’emploi diverses cohortes d’individus, dont certains n’ont jamais été scolarisés, alors que d’autres, passés par l’école, ont conçu des durées d’études plus ou moins longues.

Chaque année arrivent sur le marché d’emploi diverses cohortes d’individus, dont la plupart seront malheureusement, accueillis à bras ouverts par le chômage. Je n’en suis pas pessimiste, mais c’est la triste réalité du pays. Il n’est pas donné à tout le monde de trouver du travail juste après avoir terminé les études, encore moins pendant les études.

Il n’y a pas la crise qui a occasionnée la descente en enfer du secteur éducatif en Centrafrique. Beaucoup d’élèves sont dans les nuages étant en classe.

Certains sont même aux anges à force de gérer la télécommande jusque tard dans nuit pour suivre entre autres des séries de films, les émissions de télé-réalité et tout ce que avez.

Même avant la crise, le volume horaire de grèves était supérieur a celui de cours en une année scolaire. Pour combler le vide, les enseignants dispensent les cours complémentaires payes soit par l’Etat (comme des heures supplémentaires) avec menace a l’appui, soit par les élèves/étudiants…

Y en a dont les parents se fichent éperdument de ce qu’ils font à l’école et ceux qui font fi des conseils prodigués par leurs parents. Oui, je connais des foyers où ce sont les enfants qui décident pratiquement de de tout. C’est vraiment le monde à l’envers dans ce cas! Du coup, quand on leur pose une question par exemple, ils ne savent pas quoi dire.

 

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