RCA: Les victimes face aux enjeux de la réparation et de la réconciliation

 

Dans les expressions majoritaires de la population enregistrées lors des consultations de base, la justice est considérée comme l’étape première de la réconciliation. Les victimes échaudées par les lois d’amnistie et l’aggravation des crises à répétition ne sont plus promptes à dissocier la réconciliation de la justice qu’elles considèrent comme seule garante de la réussite du processus.

La population met aussi et surtout l’accent sur la réparation perçue comme minimum vital de droits devant lui permettre de survivre, tant les derniers pillages ont placé les familles dans un dénuement matériel et moral sans précédent.

Par ailleurs, la population déclare dans le rapport consolidé des consultations populaire qu’elle ignore si la justice sera rendue un jour. Les populations restent pessimistes et préoccupées, quant au sort réservé par la justice à leurs bourreaux. En effet, quasiment tous les consultés ont déclaré que la justice centrafricaine n’a jamais inquiété les responsables des graves violations de droits de l’homme perpétrées contre les paisibles citoyens. Cet état d’esprit de défiance de la population à l’égard de la justice directement et indirectement de l’Etat mérite toute l’attention nécessaire au forum National de Bangui.

Quels sont les symboles et les facteurs qui favorisent la réconciliation nationale

Il est généralement convenu en République Centrafricaine que les symboles culturels et nationaux forts contribuent à la cohésion sociale et constituent de ce point de vue des repères communs de sortie de crise. Il en est ainsi des emblèmes tels que l’hymne national qui met l’accent sur les interdits de violations des droits de l’homme, la tolérance.

La laïcité du pays qui garantit la neutralité de l’Etat face aux religieux qui relève de la sphère privé des citoyens même si l’Etat est garant de la liberté de culte et de religion pour chacun.

La langue national le Sango unit le peuple sur l’étendue du territoire national et contribue au respect mutuel, aux échanges et au vivre ensemble.

Les cinq verbes du MESSAN (nourrir, loger, vêtir, soigner, éduquer) qui constituent le programme de développement du territoire et de la Nation pour le bien-être commun et qui a été abandonné depuis la mort du Père fondateur Barthélémy BOGANDA.

La devise nationale: Unité-Dignité-Travail qui structure le socle de valeurs nationales formant mes fondations de la République Centrafricaine comme pays, Peuple et Nation.

Toutes ces valeurs culturelles et institutionnelles sont aujourd’hui appelées au secours du pays pour redéfinir les bases étatiques, nationales et sociales de la refondation de la République centrafricaine.

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