RCA : Pourquoi les refugiés ne rentrent-ils pas chez eux?

Ils étaient nombreux à fuir leurs maisons pour trouver refuge dans des sites de déplacés communément appelé  « Ledger » en référence à l’unique hôtel  5 étoiles de la capitale centrafricaine.

Pourquoi certains ont préféré regagner leur localité d’avant la crise compte tenu du rétablissement progressif de la sécurité tandis que d’autres s’entêtent ou ont encore peur d’en faire autant ?

On peut trouver des explications à ce refus de retourner chez soi sous plusieurs angles : parmi ces personnes déplacées, on peut distinguer les vrais des faux que j’ai l’habitude de qualifier d’opportunistes.

Les vrais réfugiés sont ceux qui ont perdus tous leurs biens (maisons saccagées et/ou pillées…), des partisans indéfectibles des régimes déchus, il y a également ceux qui ont étés victimes de braquage à répétition et qui craignent pour leur vie…Ceux-ci sont prêts à rentrer chez eux lorsqu’ils se rendent compte que leur secteur est apaisé et surtout protégé vu qu’ils n’aspirent qu’à la paix et la sécurité afin de vaquer librement à leurs occupations.

Les opportunistes sont entre autres ceux qui, avant la crise n’arrivaient pas à joindre les deux bouts par leurs propres efforts et qui, actuellement trouvent presque tout gratuitement grâce aux dons des ONG internationales comme PAM (Programme Alimentaire Mondiale) et HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés). Ces gens étaient des « SDF » à l’européenne pour certains et locataires pour d’autres, sans oublier les prisonniers fugitifs qui se métamorphosent en déplacés. Le souhait de ces derniers est que la situation se stagne ou se détériore davantage du jour au lendemain pour en profiter. ils n’hésitent pas à se lancer dans des campagnes de désinformations pour faire croire aux autres qu’on veut leur donner une somme forfaitaire afin qu’ils regagnent leurs domiciles. Soit ils leur disent de ne pas rentrer chez eux sous prétexte d’être attaqués par des bandits, etc.

 Une chose est sure et surtout de coutume, en RCA principalement à Bangui, si tu continues de fuir  ta maison pendant que les autres  retournent dans les leurres, même tes voisins les plus proches vont te soupçonner à tort ou à raison d’être de connivence à un groupe armée ou coupables de quelques choses.

Revenons un peu sur la situation des éternels locataires. Ce sont des gens qui avaient du mal à payer convenablement leurs loyers (submergés d’arriérés et de dettes…), veulent à ce que la situation s’empire pour qu’ils bénéficient bonnement du privilège dont ils n’avaient pas avant. Étant donnés qu’ils disposent gratuitement de tentes, de couvertures  et surtout de la nourriture. Certains trouvent leur gagne pain quotidien en faisant  de petits commerces sur les sites de déplacés (vente des denrées de première nécessité), cela peu vous paraître surprenant, mais l’alcool aussi y est vendu.

Les jeunes sont le plus couramment, les principaux acteurs de la crise. Je les exhorte donc à se mobiliser plus qu’ils le font déjà autour de la paix et de la cohésion sociale car eux seuls ont la possibilité de se sensibiliser dans le but de désarmer le cœur tout un chacun. Les Centrafricains de tout genre doit conjuguer des efforts ensembles afin de contribuer efficacement au rétablissement définitif de la sécurité dans le pays. Ce n’est pas seulement l’affaire du gouvernement et de  la MINUSCA comme beaucoup le pensent.

Il faudrait que les gens se libèrent de leur haine, de l’esprit de violence et de vols qui les envoûtent pour qu’ensembles nous puissions reconstruire notre pays.  Ceux qui se disent musulmans, chrétiens ou non croyant doivent se tenir les mains pour lutter contre les maux qui gangrènent le pays.

La MINUSCA  accompagnée des forces de sécurité nationales, doit renforcer ses patrouilles pour qu’elles sillonnent les quartiers reculés afin de rassurer la population au lieu d’emprunter tous les jours les grands axes de la capitale comme si elles voulaient défiler. La présence des forces de sécurité peut redonner confiance et l’envie aux personnes déplacées de qui ont encore peur de retourner chez elles.

Chaque Centrafricain doit avoir un cœur saint, fort et inébranlable s’il veut réellement renouer à la paix et tout ce qui va avec.

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