Centrafrique : les incitations à la malhonnêteté

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Partagez-vous cette analyse pessimiste ? Il est vrai que la malhonnêteté est souvent payante, du moins à court terme. En conséquence, ceux qui s’efforcent d’être honnêtes subissent toujours de fortes incitations contraires, sous différentes formes. Ah oui, un petit rappel sur le sens du terme MALHONNÊTE nous ferait du bien. Ce terme désigne les manquements contre la bonne foi, la probité, et aussi contre la civilité. Voici donc, quelques raisons qui poussent les gens à manquer aux règles de bonnes conduite.

La tentation intérieure

Qui n’aimerait pas avoir plus d’argent ou plus de superflu ? Devant une occasion de gain malhonnête, il peut être difficile de résister.

L’obligation de maximiser les bénéfices : depuis quelques années, les entreprises du monde entier se débattent contre une économie déprimée. Évidemment, l’Afrique n’en est pas exempt. En Afrique, tout le monde veut devenir en peu de temps et par tous les moyens possibles.

La pression des autres à l’école : la triche ; à l’hôpital (le vol de médicaments, vente illégale de médicaments…)

Parfois, des collègues ou des clients suggèrent, voire exigent, qu’on participe à des manœuvres louches. Que faut-il faire ? Il ne faut jamais chercher à être quelqu’un d’autre juste pour être accepté ou pour plaire aux gens.

La culture

L’usage de certaines cultures veut que les transactions commerciales s’accompagnent d’un échange de cadeaux. Selon les circonstances et la taille du cadeau, la frontière entre honnêteté et corruption devient vite floue. Dans bien des cas, des fonctionnaires véreux exigent de l’argent avant de faire leur travail ou acceptent volontiers une gratification contre un traitement de faveur.

Les conditions de vie

La pression est particulièrement forte pour les habitants de pays très pauvres ou en proie au chaos (comme la République Centrafricaine). Face aux difficultés quotidiennes, les habitants n’ont parfois pas trop de choix à faire en cas de gains faciles. Cela se passe dans tous les secteurs d’activité.

La malhonnêteté va de pair avec la corruption

Les agents de l’État très mal rémunérés sont des proies faciles. Les exemples sont patents et ont tendance à se ressembler : un technicien de l’ENERCA (Energies Centrafricaines) rétablit le courant électriques aux abonnés récalcitrants à l’insu de la direction. Certains policiers contrôlent les poches afin d »y soutirer des billets de banque au lieu de vérifier les papiers…la liste est longue.
La malhonnêteté est un syndrome qui a atteint son apogée depuis belle lurette en RCA. La malhonnêteté intellectuelle en particulier tend vers un paroxysme épatant au sein du leadership africain. Et c’est qui m’intrigue le plus. Ne dit- on pas que le poisson pourrit toujours par la tête?

Comme je l’ai mentionné dans mon précédent billet, l’avidité et l’égoïsme sont à la base de la corruption, de la malhonnêteté. Les personnes haut placées et les citoyens manifestent souvent ces défauts. Pour que la corruption disparaisse, les gens doivent chercher à dominer, en fait apprendre à dominer des traits de caractère ancrés en eux, comme l’avidité et l’égoïsme.

Pour réduire l’ampleur de ce phénomène, pour ne pas dire l’éradiquer, un changement de mentalité s’impose.
Il est largement temps que les Centrafricains s’interrogent sur leur propre responsabilité à tous les niveaux s’ils veulent vraiment changer la donne. Que chacun ait l’esprit de patriotisme, de civisme, et de sacrifice pour un avenir meilleur de tous.

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