Odilon Doundembi

Aéroport Bangui M’Poko : piste d’atterrissage ou passage pour piétons ?

L’unique aéroport international de la République centrafricaine sert aussi de passage pour piétons aux habitants qui vivent aux alentours. Depuis plusieurs années, des maisons naissent comme des champignons autour de cet aéroport. Ce phénomène s’est accentué face à la recrudescence des violences émanant de l’actuelle crise militaro-politique que vit le pays.

Je vous propose quelques images que j’ai prises sur le tarmac de cet aéroport.

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Passage pour piétons à la centrafricaine
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La  » libre circulation » exigée par la Cémac
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Les enfants y trouvent un terrain de jeu et sont en même temps à la recherche des champignons.
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Ça court lorsqu’on aperçoit un avion…
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Les enfants, locataires de  »Ledger »(site des déplacés) y trouvent leur gagne pain… Ils ont en main des champignons.
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Décollage d’un avion sous la supervision des passants…
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Même les bœufs broutent à côté du tarmac de l’aéroport
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Les soldats de la Minusca gèrent la situation en cas de décollage ou d’atterrissage.

Crédit photo: odilon.mondoblog.org


La cuisine à la centrafricaine

Poisson sec au koko
Poisson sec au koko

Le déjeuner est le principal repas de la journée et le dîner consiste en un repas composé de restes et de fruits. Un des plats traditionnels est la « Ngunza au gozo ». Il s’agit d’une sauce épaisse réalisée à partir de feuilles de manioc concassées, de tomate et de pâte d’arachide.

Un kpu (qui ressemble à un grand mortier doté d’un pilon) est utilisé pour piler les feuilles et préparer bien d’autres plats. Le gozo est une pâte épaisse réalisée à partir d’une racine de manioc trempée dans l’eau, puis séchée au soleil, et dont on fait une faine que l’on malaxe, ensuite dans de l’eau bouillante. Le gozo est roulé en boule puis plongé dans la nguza.

Les sauces sont à base de bœuf, de poulet, de chèvre, de gazelle, de singe, d’éléphant ou de poisson…

On trouve en Centrafrique une grande diversité de fruits et de légumes : patates douces, tomates, avocats, bananes, oranges, raisins, goyaves, papayes, ananas et mangues.

En guise d’en-bas, les habitants mangent volontiers des cacahuètes, des petites tranches de viandes grillées communément appelées « brochette », des « makaras » (beignets ou galettes frites), des patates douces frites, des œufs durs, des magérés (pâte de manioc enveloppée dans des feuilles et bouillie) et des Kandas (viandes, poisson, fruit ou termites enveloppés dans une feuille et cuits à la vapeur).

Le nombre de repas quotidiens dépend des revenus de la famille. Pendant leur déroulement, les convives (plus particulièrement les enfants) peuvent s’asseoir par terre ou sur des petits tabourets autour des plats posés soit sur des nattes, soit sur des tables basses.

Les citadins mangent souvent assis sur des chaises autour de la table. Certains utilisent assiettes et couverts mais, en général, les centrafricains mangent de la nourriture avec les doigts en se servant dans un bol commun. Avant et après le repas, on se passe le savon et l’eau pour se laver les mains. Dans les villages, garçons et filles mangent ensemble. La mère mange en dernier car elle finit de préparer le repas pendant que les autres commencent.

Les Centrafricains vont rarement au restaurant sauf s’ils y sont invités, et chacun des convives paie sa part.


La Tabaski à la centrafricaine

Photo: leral.net
Photo: leral.net

A l’occasion de la  célébration de la fête de Tabaski, la Communauté Islamique Centrafricaine (CICA)  a convié les Anti-Balaka à se joindre à leurs frères musulmans comme au temps d’antan.

Photo: lifixew.com
Crédit photo: lifixew.com

La Tabaski ou la fête de mouton ou encore fête du sacrifice, est une manifestation religieuse et sociale très importante, un mouton est sacrifié et consommé en famille. Cette fête commémore le sacrifice d’Abraham

Ils étaient nombreux ( musulmans et non musulmans) à prendre part à cette à cette célébration. L’imam Kobine Layama, président du Comité Islamique Centrafricain (CICA) s’est dit réconforté par la présence des Anti-Balakas aux côtés de sa communauté. Pour lui, les Anti-Balakas ont prouvé que la cohésion sociale est encore possible en République Centrafricaine. Kobine Layama a expliqué que la dynamique d’ensemble visible dans le 7ème arrondissement est le résultat du travail fait par la plateforme religieuse.

« Ce que vous voyez aujourd’hui est le résultat du travail que nous avons fait dans le silence. Il est temps que cela se fasse dans les autres arrondissements, voire dans l’arrière pays, pour que la République Centrafricaine retrouve le chemin de la tranquillité, car seuls les Centrafricains peuvent apporter les solutions qu’il faut ».

La ministre de la réconciliation nationale a demandé aux habitants du 7ème  arrondissement de persévérer et d’intensifier les efforts. « Le 7ème  arrondissement est en train de devenir un modèle de la cohésion sociale à Bangui. Je demande à la population de maintenir le cap et d’intensifier les efforts en faveur de la cohésion sociale. »

« Le message du gouvernement est celui de la paix entre les communautés. Cette paix qui commence déjà à s’enraciner dans cet arrondissement. Ce qui reste, c’est que ce que nous voyons ici, musulman à coté de chrétien, puisse devenir possible dans les autres secteurs », a lancé la ministre.

La fête de Tabaski est célébrée en deux endroits à Bangui. La communauté musulmane du Km5 s’est réunie à la mosquée centrale, où la cheffe de l’Etat s’est rendue, et dans le 7ème arrondissement, où la Communauté Islamique Centrafricaine a réunie une centaine de fidèles assistés par des Anti-Balaka du secteur.

Cette initiative est à saluer. J’espère surtout qu’elle est sincère car le peuple centrafricain n’attend que ce genre d’acte de la part des protagonistes pour que règne la cohésion sociale.

Bonne fête à tous les musulmans!

Vive la paix en RCA, en Afrique et partout dans le monde!


Les habitudes à la centrafricaine

La vie en société

Dans les relations formelles, les Centrafricains ont l’habitude de se saluer en se serrant la main. Lorsque des amis se rencontrent dans la rue, il leur arrive de se taper la main droite, de s’attraper l’un l’autre le majeur avec le pouce, puis de claquer les doigts. Les femmes s’embrassent parfois sur les deux joues.
Comme c’est le cas dans toute l’Afrique, en RCA après les premières salutations, on se renseigne en général sur la santé, la famille… même si la rencontre est fortuite, un simple « salut » lancé à un ami ou a un collègue de travail est juge impoli.

Les mots habituels de salutation en sango (langue nationale)  sont Bara ala! ou Bala mo! (« Bonjour ! »), suivi de Tonga na nyen? (« Comment ça va ? ») Ou de Ala yeke sengue? Ou mo yeke sengue? (« Tout va bien? »). En français, les Centros se disent Bonjour ! Ou salut !, suivi de ça va ?, mais on ne parle pas (ou très rarement) français dans les villages.

La manière dont on s’adresse d’une personne à une autre dépend de la situation. De façon formelle, on utilise le titre seul ou accompagné du nom de famille. On s’adresse aux hommes d’un certain âge en les appelant « Baba »(père en sango), et aux femmes en les appelant « mama » (mère).

Familièrement, on utilise le prénom ou le nom de famille, le surnom ou le degré de parenté ( « cousin », « mon frère », « ma soeur »). Le meilleur ami est appelé « ita » (« frère ou soeur ») ou « cousin ».
Si on croise un petit groupe, on salue chacun individuellement. S’il s’agit d’un groupe plus grand, on peut lever les deux mains ouvertes en direction du groupe et dire « Bara ala kwe ! »
(Expression sango pour « salut à vous tous ! »).

Bara ala kwe!


RCA : pourquoi les jeunes consomment de plus en plus le tabac ?

Parmi les différentes voies que l’homme emprunte en vue de trouver le « bonheur  » se trouvent les richesses, les activités sociales et l’usage du tabac et de l’alcool. Toutes ces voies l’ont laissé déçu.

Pourquoi est-ce que les gens consomment le tabac aujourd’hui ? Est-ce qu’il donne une satisfaction durable ? Peut-être que des amis qu’on admire ont cette habitude, ce qui pourrait rendre désirable l’action de fumer.

Quelquefois les jeunes sentent le besoin de faire certaines choses qu’ils ne feraient pas normalement, seulement dans le but d’être acceptés.

Compte tenu de la situation de crise que connaît la République centrafricaine, à Bangui le taux de tabagisme s’accroît de façon exponentielle. L’insécurité pousse souvent une personne à passer son temps à faire des activités qui l’empêchent de penser aux choses plus importantes de la vie.

Pourquoi développer une habitude qui  donne l’apparence d’être maître de soi ?

Les gens nerveux sentent souvent le besoin d’un objet dans la main pour se calmer. Ils deviennent dépendants des cigarettes, mais n’y trouvent aucune tranquillité durable.

Plusieurs jeunes gens sont entraînés à essayer la cigarette. Leurs amis peuvent leur offrir une bouffée (c’est le cas des enfants de la rue). La publicité montre de jeunes adultes en parfaite santé en train de faire usage du tabac, ce qui donne l’impression que c’est la chose à faire. Certains peuvent imiter leurs parents qui fument. Ils pensent qu’ils peuvent maîtriser leur désir de fumer et sont certains qu’ils peuvent arrêter n’importe quand. Cependant, ils se rendent compte trop tard qu’ils ne peuvent plus arrêter et sont esclaves du tabac.

Un mauvais usage des ressources

Le besoin de l’argent du tabac prive souvent les parents et les adultes des nécessites de la vie-nourriture, vêtements et même maisons. Cet usage égoïste de l’argent cause beaucoup de souffrance et d’inconfort dans le monde aujourd’hui. Des milliards de dollars sont donnés annuellement à acheter du tabac pour un plaisir égoïste.

Les fumeurs se demandent souvent : « Que pensent mes amis si j’arrête de fumer ? que penseront-ils si je ne peux pas arrêter ? J’ai déjà tenté et j’ai échoué… »

Le tabac nuit à la santé

Sachez que si vous êtes conscients du danger qu’apporte le tabac à votre santé; si vous êtes déterminés à abandonner, vous pouvez vous passer de ce que pensent vos amis fumeurs, les publicités… Les producteurs et les sociétés bagagistes veulent juste se faire de l’argent. Ils se fichent éperdument de votre santé et de tout ce qui va avec.

Voici la composition des substances cancérigènes de la cigarette:

Crédit photo: ecigarette-eden.com
Crédit photo: ecigarette-eden.com

C’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas une véritable politique de lutte contre le tabac axée notamment sur la sensibilisation, l’augmentation du prix et l’interdiction pure et simple du tabac dans les lieux publics tels que les hôpitaux, les écoles/universités, les centres commerciaux, la gare, l’aéroport. Si cette marche au Chili, au Sénégal et dans d’autres pays dans le monde, pourquoi ne pas l’instaurer en  RCA ?