Odilon Doundembi

La nécessité d’aller aux élections en Centrafrique

Pour un bon nombre de Centrafricains, il faut absolument procéder au désarmement avant d’aller aux élections. Je respecte leur point de vue, mais je pense qu’ils ne comprennent pas réellement les enjeux de ces prochains scrutins. Ce n’est pas de leur faute s’ils réagissent ainsi. Le gouvernement de transition par le biais de l’ANE (Autorité nationale des élections), doit lever le voile sur certains points quant à l’avenir du pays. Cela nécessite une excellente campagne de sensibilisation de la population au préalable.

Que doit-faire comprendre l’ANE  à la population surtout aux pessimistes?

  • Le désarmement est un long processus qui nécessite beaucoup d’argent. En termes simples, il faut avoir suffisamment de billets de banque pour pouvoir avancer dans les le processus.
  • Le gouvernement de transition ne dispose pas de moyens conséquents. Le peu qu’il a grâce aux aides financières des pays amis de la RCA ne permet que de faire exister l’Etat. Je n’en dirai pas plus.
  • Les plus gros partenaires de la RCA sont encore réticents, car ils ont peur d’aider un régime qui n’est pas élu démocratiquement. D’où nécessité d’aller aux élections.
  • L’expérience a montré que des pays ayant vécu la même situation que la République centrafricaine ont réussi à lancer le processus de désarmement après avoir organisé les élections. Prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire qui était ravagée par une crise politico-militaire durant une dizaine d’années et qui est en train d’être pacifiée. Le Mali est aussi sur la bonne voie…
  • Le désarmement ne peut pas se faire sans l’apport des Forces armées centrafricaines (Faca) qui sont actuellement mal structurées et très mal équipées. Ces soldats ne peuvent pas du tout être équipés vu que le pays est frappé par un embargo sur les armes qui prendra afin en février prochain…

Tout le monde est conscient du fait qu’il ne sera pas possible de voter convenablement dans certaines zones rurales, mais le pays n’a pas d’autre issue que d’aller aux élections.

Ce n’est que mon humble avis !


L’horreur des enfants au Soudan du sud

Le rapport de l’ONU publié sur les violences subies par les femmes et les filles de ce pays en guerre depuis un an et demi vient confirmer en quelques sortes les révélations de l’UNICEF (mi-juin) concernant les atrocités commises sur les enfants au Soudan du Sud.

Un témoin oculaire des bavures relate les faits lorsqu’il parle d’«un viol collectif perpétré par les forces gouvernementales contre une femme qui allaitait». Les soldats auraient jeté le bébé au sol. Un autre raconte comment des militaires ont forcé une femme à serrer entre ses mains «du charbon ardent», dans le but de lui faire dire où se trouvaient les rebelles et le bétail. Quelle horreur! Dans un rapport publié mardi, des enquêteurs de la Minuss (Mission des Nations unies au Soudan du Sud ) révèlent les exactions commises par des militaires sud-soudanais. L’ONU évoque une «brutalité nouvelle» dans le conflit sanglant qui ravage le jeune pays depuis un an et demi. Elle met en garde contre des «violations des droits de l Homme généralisées». «L ampleur et le niveau de cruauté qui caractérisent ces informations suggèrent une animosité qui dépasse les clivages politiques», s’inquiète l’Organisation.

Cette enquête accablante s’appuie sur le témoignage de 115 victimes et témoins dans l’Etat septentrional d’Unity, un des plus touchés par la guerre civile, relaye l’AFP. L’armée sud-soudanaise (SPLA) y a lancé en avril dernier une vaste offensive contre les forces rebelles dans le département de Mayom, qui était une zone pétrolifère majeure avant d’être détruite dans les combats. «Les survivants de ces attaques ont affirmé que la SPLA et ses milices alliées du département de Mayom ont mené une campagne contre la population locale, tuant des civils, pillant et détruisant des villages, et provoquant le déplacement de plus de 100.000 personnes», explique l’ONU dans un communiqué. «Certaines des accusations les plus inquiétantes compilées par les agents des droits de l’Homme de la Minuss portent sur l’enlèvement et des abus sexuels contre des femmes et des filles, dont certaines auraient été brûlées vives dans leurs maisons.» Les enquêteurs évoquent au moins neuf incidents séparés au cours desquels «des femmes et des filles ont été brûlées dans des huttes après avoir été victimes de viol collectif», mais aussi de nombreux autres cas d abus sexuels, des mères notamment violées devant leurs enfants. Des photos du rapport, que l’AFP a pu voir, montrent des traces circulaires noircies, restes des huttes incendiées et visiblement réduites en cendres.

DES ENFANTS MORTS ÉMASCULÉS, D’AUTRES DÉCAPITÉS EN GROUPE…L’ONU dit avoir tenté de se rendre sur place, mais s’être vu refuser systématiquement l’accès. L’armée sud-soudanaise n’a pas encore réagi à ces accusations. A noter que le camp rebelle a lui aussi été soupçonné à plusieurs reprises de tels crimes, notamment de viols, meurtres et recrutement d’enfants soldats. Le 17 juin, le Fonds de l ONU pour l’enfance (UNICEF) avait déjà accusé les forces armées qui s’affrontent au Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis quatre ans*, d’avoir perpétré des crimes abominables contre des enfants : émasculation, viols, et autres décapitations… «Au moins 129 enfants de l’État d’Unity ont été tués en trois semaines seulement au mois de mai, avait indiqué son directeur général, Anthony Lake. Les rescapés de ces violences indiquent que des garçons ont été castrés et que, laissés à leur sort, ils sont morts vidés de leur sang… Des filles, dont certaines âgées d’à peine 8 ans, ont été victimes de viols collectifs puis abattues… Des enfants ont été attachés ensemble puis leurs agresseurs leur ont tranché la gorge… D’autres ont été précipités dans des bâtiments en feu.» Insoutenable! «Les enfants sont aussi agressivement recrutés par des groupes armés des deux parties à une échelle alarmante. Environ 13 000 enfants ont été contraints de participer à un conflit dont ils ne sont pas responsables», poursuivait-il, avant de conclure : «Au nom de l’humanité et de la décence commune, cette violence contre les innocents doit cesser.» Franchement!

La guerre civile déchire le Soudan du Sud depuis le 15 décembre 2013, après que l’ancien vice-président Riek Machar, issu de la tribu Nuer, est entré en rébellion contre le président Salva Kiir, qui est pour sa part du peuple des Dinka, et l’a écarté du pouvoir. Diverses milices tribales se sont jointes, d’un côté ou de l’autre, aux combats… Plusieurs cessez-le-feu ont été signés mais pas respectés; des pourparlers de paix ont échoué en mars en Ethiopie. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions à des chefs militaires des deux camps. Aucun bilan officiel du conflit n’a jamais été établi, mais selon des observateurs, il serait de l’ordre de 10.000 morts. Et d’1,54 millions de déplacés dont la moitié sont des enfants selon l’Unicef. Comme si cela ne suffisait pas, la crise alimentaire et sanitaire (avec la menace d’Ebola et du choléra) s’ajoute au drame. Un enfant sur trois souffrirait de malnutrition dans les zones les plus touchées par les violences. Quelque 250.000 enfants «risquent de mourir de faim». Environ 3,9 millions de personnes seraient confrontées à une insécurité alimentaire particulièrement grave. Plus globalement, les deux-tiers des 12 millions d’habitants du pays auraient besoin d’aide pour survivre.

* Le pays, l’un des plus pauvres du monde malgré ses richesses pétrolières, a proclamé son indépendance en juillet 2011, à l’issue d’un des plus longs et sanglants conflits d’Afrique (1983-2005, deux millions de morts) contre le régime de Khartoum qui l’a laissé exsangue.


Justin Gatlin, Assafa Powel… Usain Bolt est toujours là

boltAttention Justin Gatlin et Assafa Powel,  Bolt répond toujours présent aux défits…
Une victoire à l’arraché
Le tout puissant Usain Bolt s’est adjugé le 200m du meeting de New York, samedi. Le Jamaïcain, qui semblait souffrir de la cuisse à la fin de la course, a couru en 20″29, soit moins rapidement qu’à Kingston (20″20) et Ostrava (20″13). Zharnel Hugues, auteur d’une belle remontée dans les derniers mètres (20″32 au chronomètre), a manqué de peu de doubler le champion olympique en titre. Julian Forte a pris la troisième place avec un temps de 20″46.
L’année passée, l’Américain Justin Gatlin a écrasé le sprint mondial.  Il est resté invaincu sur 100m et a aussi terminé la saison avec le meilleur chrono sur 200m. Mais 2015 sera différente, selon Usain Bolt et son entraîneur, Glen Mills. Le Jamaïcain compte reprendre ses bonnes habitudes et après une année 2014 perturbée par des blessures, il est de nouveau en forme. Donc Gatlin ne devrait pas être une menace pour le roi Bolt. «Nous prenons tous les concurrents au sérieux, et je ne vois pas Gatlin comme une blague, mais en vérité, Usain à son meilleur niveau n’a pas vraiment de quoi s’inquiéter», a déclaré Mills à l’agence Reuters, lundi.«Nous prenons tous les concurrents au sérieux, et Gatlin n’est pas une blague.»
«C’est bon pour le sport et ça crée de l’intérêt, a reconnu le coach jamaïcain à propos de la domination de Justin Gatlin, mais ce genre de choses ne nous affecte pas du tout parce qu’Usain et moi-même savons ce que nous pouvons lui faire faire quand il est en pleine forme et prêt, et c’est ce à quoi nous travaillons.»
Usain Bolt briguera une troisième couronne mondiale sur 100m et une quatrième sur 200m lors des Mondiaux de Pékin (22-30 août).
 Affaire à suivre!


RCA : Pourquoi les refugiés ne rentrent-ils pas chez eux?

Ils étaient nombreux à fuir leurs maisons pour trouver refuge dans des sites de déplacés communément appelé  « Ledger » en référence à l’unique hôtel  5 étoiles de la capitale centrafricaine.

Pourquoi certains ont préféré regagner leur localité d’avant la crise compte tenu du rétablissement progressif de la sécurité tandis que d’autres s’entêtent ou ont encore peur d’en faire autant ?

On peut trouver des explications à ce refus de retourner chez soi sous plusieurs angles : parmi ces personnes déplacées, on peut distinguer les vrais des faux que j’ai l’habitude de qualifier d’opportunistes.

Les vrais réfugiés sont ceux qui ont perdus tous leurs biens (maisons saccagées et/ou pillées…), des partisans indéfectibles des régimes déchus, il y a également ceux qui ont étés victimes de braquage à répétition et qui craignent pour leur vie…Ceux-ci sont prêts à rentrer chez eux lorsqu’ils se rendent compte que leur secteur est apaisé et surtout protégé vu qu’ils n’aspirent qu’à la paix et la sécurité afin de vaquer librement à leurs occupations.

Les opportunistes sont entre autres ceux qui, avant la crise n’arrivaient pas à joindre les deux bouts par leurs propres efforts et qui, actuellement trouvent presque tout gratuitement grâce aux dons des ONG internationales comme PAM (Programme Alimentaire Mondiale) et HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés). Ces gens étaient des « SDF » à l’européenne pour certains et locataires pour d’autres, sans oublier les prisonniers fugitifs qui se métamorphosent en déplacés. Le souhait de ces derniers est que la situation se stagne ou se détériore davantage du jour au lendemain pour en profiter. ils n’hésitent pas à se lancer dans des campagnes de désinformations pour faire croire aux autres qu’on veut leur donner une somme forfaitaire afin qu’ils regagnent leurs domiciles. Soit ils leur disent de ne pas rentrer chez eux sous prétexte d’être attaqués par des bandits, etc.

 Une chose est sure et surtout de coutume, en RCA principalement à Bangui, si tu continues de fuir  ta maison pendant que les autres  retournent dans les leurres, même tes voisins les plus proches vont te soupçonner à tort ou à raison d’être de connivence à un groupe armée ou coupables de quelques choses.

Revenons un peu sur la situation des éternels locataires. Ce sont des gens qui avaient du mal à payer convenablement leurs loyers (submergés d’arriérés et de dettes…), veulent à ce que la situation s’empire pour qu’ils bénéficient bonnement du privilège dont ils n’avaient pas avant. Étant donnés qu’ils disposent gratuitement de tentes, de couvertures  et surtout de la nourriture. Certains trouvent leur gagne pain quotidien en faisant  de petits commerces sur les sites de déplacés (vente des denrées de première nécessité), cela peu vous paraître surprenant, mais l’alcool aussi y est vendu.

Les jeunes sont le plus couramment, les principaux acteurs de la crise. Je les exhorte donc à se mobiliser plus qu’ils le font déjà autour de la paix et de la cohésion sociale car eux seuls ont la possibilité de se sensibiliser dans le but de désarmer le cœur tout un chacun. Les Centrafricains de tout genre doit conjuguer des efforts ensembles afin de contribuer efficacement au rétablissement définitif de la sécurité dans le pays. Ce n’est pas seulement l’affaire du gouvernement et de  la MINUSCA comme beaucoup le pensent.

Il faudrait que les gens se libèrent de leur haine, de l’esprit de violence et de vols qui les envoûtent pour qu’ensembles nous puissions reconstruire notre pays.  Ceux qui se disent musulmans, chrétiens ou non croyant doivent se tenir les mains pour lutter contre les maux qui gangrènent le pays.

La MINUSCA  accompagnée des forces de sécurité nationales, doit renforcer ses patrouilles pour qu’elles sillonnent les quartiers reculés afin de rassurer la population au lieu d’emprunter tous les jours les grands axes de la capitale comme si elles voulaient défiler. La présence des forces de sécurité peut redonner confiance et l’envie aux personnes déplacées de qui ont encore peur de retourner chez elles.

Chaque Centrafricain doit avoir un cœur saint, fort et inébranlable s’il veut réellement renouer à la paix et tout ce qui va avec.


RCA : les 4 principaux points susceptibles de favoriser la bonne gouvernance

Le billet précédent a été consacré au diagnostic de la gouvernance en République Centrafricaine. Ici, il est question de parler de ce qu’il faudrait faire pour sa facilitation. La réponse à cette préoccupation est résumé en quatre volets à savoir :

  1. Faciliter la tenue des élections référendaires et électorales inclusives, consensuelles de sortie der crise dans les meilleurs délais et asseoir une culture de gouvernance électorale durable en RCA. Il ne faut surtout pas confondre vitesse et rapidité quand on parle de meilleurs délais…toutes les conditions préalables doivent être remplies afin de garantir des élections apaisées.

  1. Engager ka restauration de l’autorité de l’Etat en vue de l’émergence d’une République Centrafricaine forte, digne, crédible et respectable. Cela peut se traduire par le redéploiement et le renforcement d’une administration civile et militaire neutre, républicaine, laïque pour assurer la présence de l’Etat et la mise en œuvre effective des prérogatives régaliennes sur toute l’étendue du territoire national.

  1. Assurer la protection de la citoyenneté centrafricaine, garantir le libre et équitable exercice des droits y relatifs ainsi que la promotion des devoirs citoyens.

  1. Affirmer les principes de laïcité et de séparation entre les ordres séculiers et religieux, renforcer la séparation et l’équitable des pouvoirs institutionnels. La mettre en œuvre cette recommandation, nécessite entre autres : la lutte contre l’impunité, la lutte contre la corruption, l’arrêt des amnisties politiques, la réparation des victimes, le renforcement de l’accès à la justice et la facilitation de la saisine des juridictions par les citoyens…