Odilon Doundembi

Boko Haram, un vrai casse-tête africain

Boko Haram, encore et encore! Il ne se passe pas un jour sans qu’on y pense et sans qu’on en parle dans les médias. Les africains aiment tellement discuter sur tous les sujets qui tapent à l’oreille qu’ils en ont eu bien garni à débattre au quotidien.

Le groupe avait pris en otage 200 jeunes filles en 2014. Plusieurs séries de campagnes « bring back our girls » ont fait le tour du monde. Force est de constater que le message est tombé dans les oreilles des sourds, puisque Boko Haram a étendu son champ d’attaque…

Suite au sommet de l’Union Africaine du Janvier dernier, 7500 soldats seront dépêchés pour prêter mains fortes aux pays du grand lac qui sont déjà à chef-d’œuvre.

Le 16 Février 2015 a eu lieu à Yaoundé, au Cameroun, un sommet extraordinaire qui regroupait les chefs d’Etat de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale). L’objectif de cette réunion était de définir les termes de lutte contre la secte islamique Boko Haram. Un plan d’urgence de 50 milliard de FCFA était octroyé au Tchad et au Cameroun afin de soutenir leurs troupes respectives.

Grace aux efforts conjugués de part et d’autre par les africains (on dirait pour la première fois), Boko Haram se sent affaibli. Maintenant le groupe ne fait que subir des revers même s’il continue la guérilla à la folie. C’est une bonne raison pour le groupe de proclamer son allégeance à l’ « organisation état islamique » afin d’obtenir d’éventuelles aides tant en hommes qu’en matériels de guerre. Vu qu’ils ont subi d’importantes pertes ces derniers temps dans les combats.

Que Boko Haram soit exterminé!


Venezuela vs USA: réaction contre action

Après sa prise du pouvoir, tout le monde ou presque pensait qu’il sera un peu différent d’Hugo Chavez, faux archi faux répond Nicholas Maduro de part sa façon de faire, de s’exprimer et surtout de réagir…

Le 28 Février dernier, lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des Etats-Unis, le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé quatre mesures en réponse aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international.

 » L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires étasuniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. « 

« L’adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. » Je pense que Nicholas Maduro a quand-même raison surtout quand il dit ne pas arriver à comprendre comment le gouvernement américain maintient plus de 100 employés pour son ambassade à Caracas alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. L’écart est considérable. C’est peut-être, une manière pour eux de jouer leur rôle de gendarmes du monde ou de l’espionnage déguisé.

Réciprocité en matière de visas: “Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa.A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les étasuniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”. Il faudrait vraiment être un « castriste » pour prendre ce genre de décision. Il faut aussi voir les conditions établies pour l’obtention de visa américain.

Finies, les réunions des fonctionnaires étasuniens pour conspirer sur notre territoire. « toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela », conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne.

Le président américain, Barack Obama, a riposté aux menaces vénézuéliennes avec la mise en place des nouvelles sanctions contre plusieurs responsables vénézuéliens accusés de violations de droits humains. « Nous sommes déterminés à défendre les droits humains et à promouvoir les principes démocratiques au Venezuela en utilisant des sanctions financières », a souligné le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew.

De ce fait, plusieurs questions sont toujours sans réponse: quel pays pourra-t-il défendre les droits humains aux USA? Les jugements des USA sont-ils vraiment fondés? Créer la guerre en Bombardant la population civile n’est pas une solution suite à un malentendu entre deux gouvernements. Personne n’a le droit d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat souverain ni à le déclarer, sans aucun fondement. C’est une menace à sa sécurité nationale.

Les grandes puissances veulent toujours gérer les autres pays en y imposant leurs lois; tout ceci à cause de leurs ressources naturelles (pétrole, uranium, or, diamant). Elles se cachent ensuite sous les règles de l’ONU pour y appliquer des sanctions, des règles rédigées dans leur propre intérêt…

Cependant le fait de diriger le pays ne donne pas le droit au président Maduro d’opprimer la population. Il doit l’écouter afin de répondre à leurs besoins même s’il ne peut pas tout faire. On sent qu’il cherche à détourner l’attention de ces concitoyens qui n’aspirent qu’au bien-être…


Diamants centrafricains, malédiction ou mauvaise gestion ?

La RCA est mise sous sanction à travers son retrait du processus de Kimberlin. Mais cela n’est pas la solution, car la vente des métaux précieux sert de gagne-pain à plusieurs catégories de personnes tant à Bangui qu’en provinces principalement dans les régions contrôlées par les groupes armés.

La vente illégale de diamant et de l’or permet aux différents groupes armés d’être autonomes sur tous les plans (financiers, matériels…). La preuve; malgré la sanction infligée au pays, il y a eu au moins 140 000 carats de diamant vendus de façon tout à fait illégale. Ce qui équivaut à environ 24 milliards de francs CFA, une somme colossale susceptible de résoudre certains maux qui gangrènent le pays (manque d’eau potable, d’électricité, manque d’infrastructure routière sanitaire… la liste est kilométrique).

L’exploitation illégale de diamant se fait avec la bénédiction des chefs de guerre en complicité avec certaines personnalités, présentées comme des politiques et quelques hommes d’affaires qui contrôlent les régions du pays. L’argent des diamants centrafricains fait circuler de milliers d’armes dans le monde (7 000) et surtout, fait vivre les bandits armés au quotidien, ce qui est encore plus fastidieux pour le vrai citoyen lambda qui n’a que ses yeux pour regarder les dégâts et ses pieds pour fuir au moment « opportun ».

La sanction d’un pays n’est pas une fin en soi. Il est bien beau d’interdire l’exportation de diamants, ce serait mieux de faire respecter les mesures à la lettre pour éviter les drames que connaît le pays.

Les raisons de cette malédiction ?

Deux facteurs qui sont d’actualité peuvent expliquer cela : la crise qui continue de sévir et la suspension du processus de Kimberlin.

Il est possible de transformer la malédiction en bénédiction, car il suffit juste de voir le problème à sa racine. Si on s’attaque à la racine, il n’aura pas de sève pouvant alimenter les feuilles et le fruit. La racine du problème réside dans la gestion : gestion clanique, abus d’autorité dans l’exploitation, allocation de quotas bénéfiques aux dignitaires de chaque régime qui passent…Même les causes exogènes existent. Notamment l’ingérence des Occidentaux car le sous-sol centrafricain suscite de nombreuses convoitises et est au profit de certains pays. Bref!

De Bokassa à Bozizé en passant par Kolingba et Dacko (les anciens dirigeants centrafricains), tous ont eu de problèmes dont les principales raisons proviennent des ressources minières de la RCA notamment le diamant.

 


Rapport de formation sur la Protection (2ème partie): Violence Basée sur les Genres (VBG)

 

Il s’agit de la Violence qui est dirigée contre une personne sur la base du genre ou du sexe. Elle inclut les actes qui infligent un préjudice ou une souffrance physique, mentale…

Le concept Genre désigne les caractéristiques sociales assignées aux hommes et aux femmes. Inclut les rôles, les statuts et les relations de pouvoirs dans toutes sociétés ou cultures. Le genre est le résultat d’un apprentissage et est donc susceptible de changer.

Concepts clefs

Violence : préjudice physique, émotionnel, social ou économique. Certains actes violents font intervenir le secours à la force.

Abus : mauvaise utilisation de l’autorité par laquelle l’auteur s’assure et/ou maintien le contrôle de la personne abusée ou l’avantage sur celle-ci, en utilisant ou en causant un préjudice physique psychologique ou en incitant à la crainte de ce préjudice.

Contrainte : force ou tenter de force une autre personne à se comporter contrairement à sa volonté par l’utilisation de la menace de l’instance verbale, de la manipulation, de la tromperie, des attentes culturelles ou du pouvoir économique.

Pouvoir : lorsqu’il est utilisé pour dominer, le pouvoir impose des obligations des restrictions et des interdits de la vie.

Consentement : choisir en connaissance de cause, accepter librement et volontairement de faire quelque chose (s’il y’a consentement, autrement dit lorsqu’il y’a 2 parties ou 2 personnes qui s’entendent).

 

DIFFERENTS TYPES DE VIOLENCES

Violence sexuelle : viols, viols conjugales, abus sexuels à l’encontre des enfants.

Violence physique : agression, le fait de battre ou de se faire battre, le fait d’être frappé de coups de poings.

Violence socio-économique : discrimination, exclusion…..

Violence affective et psychologique : mauvais traitement, humiliation, discrimination, manque d’affection….

AUTEURS DE VBG

  • Partenaires intimes (Mari, Amis);
  • Membres de la famille;
  • Parents proches;
  • Force de sécurité.

PERSONNES A RISQUE

  • Femmes seules;
  • Femmes seules chefs de famille;
  • Enfants non accompagnés.
  • Enfant chef de ménage.

CONSEQUENCES DE VBG

Cesconséquences sont basées sur les domaines sanitaire (maladie, rapports douloureux), psychologique  (dépression, colère, crainte…), juridique (absence de réparation pour les survivants/victimes), et le domaine de la sécurité (crainte, menace…).


Rapport de formation sur la PROTECTION (1ère partie)

           

J’ai suivi un séminaire de deux jours dont le thème porte essentiellement sur la Protection. Cette formation est organisée par une ONG locale en partenariat avec quelques ONG internationales de la place. Je vous partage donc le rapport que j’ai pu réaliser à travers ce billet.

La protection se définit comme étant toute activité qui vise à assurer le plein respect des droits de l’individu conformément à la lettre et à l’esprit des codes de droit pertinent (les droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit relatif aux réfugiés). Nos tournent autour de points suivants:

–         QUAND PROTEGER?

–         QUI PROTEGER?

–         COMMENT PROTEGER?

–         RESPONSABLES DE PROTECTION.

QUAND PROTECTER ?

Les besoins de protection surgissent dans toutes les situations ou les populations sont exposées à d’extrêmes niveaux de risque notamment:

–         pendant les conflits armés (guerres). Cas des conflits au Congo, au Nigéria, en République Centrafricaines bien sûr …;

–         dans les situations post conflit ;

–         lors des catastrophes naturelles (tremblement de terre d’Haïti…), lors des épidémies (épidémie à virus d’Ebola par exemple);

–         lors des conflits sociaux prolongés (conflits familiales ou raciales).

Quelques exemples des violations à l’origine des besoins de protection

–         Meurtre, blessure, déplacement;

–         Viols et violences sexuelles (violences domestiques physiques ou morale et mariage précoces, abus sexuels sur mineurs);

–         Tortures et traitements inhumain ou dégradant;

–         Vols ou destruction des biens;

–         Recrutement forcé d’enfants etc.

QUI PROTEGER?

La population déplacée ou refugiée particulièrement vulnérable : les enfants, les femmes, les personnes âgé, la population déplacée ou refugiées, population affectée. Ensemble de population au temps de paix: dans ce cas précis, on parle de droit à l’éducation, la santé, garantie sécuritaire…en bref, on parle du respect de droits de l’Homme.

COMMENT PROTEGER ?

En cas d’abus, il y a nécessité d’Action en réponse, d’Action curative, d’Action de renforcement de l’environnement…

Action réponse : (conseil psycho-social) la sphère d’action la plus immédiate implique une série d’action en réponse qui vise à arrêter l’abus ou à empêcher ses pires effets.

Action curative : la 2nde sphère est plus réparatrice, elle vise à restaurer la dignité des personnes et à garantir des conditions de vie adéquate suite à un mode de violations, par la restitution, la réhabilitation et la réparation.

Action de renforcement de l’environnement : la 3ème sphère d’action se préoccupe de créer et/ou consolider un environnement politique, social, culturel, institutionnel, économique et juridique propice au plein respect des droits de la personne.

LES RESPONSABLES DE LA PROTECTION

  • Les Etats : ce sont les 1ers responsables de la protection de leur propre population en temps de guerres. Là/les Etats sont dans l’incapacité d’assurer directement leur responsabilités humanitaires, ils doivent permettre que les organisations impartiales délivrent une aide humanitaire.
  • Les organisations mandatées (PAM, HCR, UNICEF, OMS, PNUD) : plusieurs organisations internationales humanitaires sont chargées par les Etats de gérer des aspects particuliers de la protection humanitaire et des groupes spécifiques de personnes protégées.
  • Les organisations non mandatées : les organisations non gouvernementales (ONG) sont également en droit d’offrir une action en aide aux personnes touchées par un conflit armé ou une catastrophe.

Différence entre incident de sécurité et incident de Protection

 

Incident de sécurité : tout évènement ayant touché à la sécurité physique des individus, affrontement entre groupes armés, embuscades sur les routes.

Incident de protection : toute violation des droits de personnes que ça soit la violation des droits de l’homme, harcèlement, coups et blessure, vols, pillages, viols et tortures commis par les groupes armés, la police, les autorités administratives ou coutumières, les civiles autochtones ou IDPs (population déplacée interne).